28/12/2007

Made in Taiwan 1 : jouisseuses fêtes de l'autre bout du continent !!!


Bin oui, parce qu'il fallait bien au moins que je vous souhaite de bonnes fêtes, et que je donne un peu de mes nouvelles aussi (ça fait tellement longtemps que je me fais désirer).
La plupart d'entre vous ont déjà lu le texte qui suit, donc pour ceux-là, je vous fixe déjà rdv à la prochaine note (qui ne tardera pas, promis, photos à l'appui).

Donc joyeux Noël (en retard), et bonne année (en avance, ça équilibre le tout...) à tous et à toutes, vous qui me manquez toujours autant.

Sinon, des niouzes de mon côté ? Sûr qu'il y en a, même si finalement y plus de petites anecdotes de la vie de tous les jours que de grandes nouvelles à annoncer.

1. la Fonky Family

Eh non, je n'ai toujours pas trouvé de boulot, et pour être tout à fait honnête, j'ai pas encore vraiment cherché non plus. Disons que le principal de ces 2 dernières semaines, je l'ai passé entre autres à refaire connaissance avec tous les membres de ma famille, et je peux vous assurer qu'ils sont une bonne grosse chiée. En fait, c'en est presque comique car moi qui ai l'habitude de vivre en solo (même si j'ai toujours habité chez mes parents) et de n'en faire qu'à ma tête pour les sorties et les potes à aller voir, ça fait vraiment bizarre de croiser un cousin ou une tante limite à chaque coin de rue. Sans exagérer, ces derniers jours j'ai (re)découvert l'existence de 3 grandes-tantes (dont une qui ressemble comme une goutte d'eau à feu ma grand-mère), 2 grands-oncles, 6 tantes, et évidemment autant d'oncles, plus leurs descendances, où ils ont en général chacun 2 ou 3 enfants... Je vous laisse compter le nombre de cousins et de cousines que j'ai, sans même compter les neveux et nièces ; parce qu'en plus de ça, je suis le cadet de ma génération... et donc un des seuls à ne pas avoir d'enfants, un autre sujet brûlant lorsque je vais voir n'importe quel membre de la famille, qui ne manque jamais de me demander : "Alors, à quand un petit-fils pour ton père ?" Question à laquelle la même réponse fuse toujours aussi vivement : "Avant ça, faudrait d'abord que je me trouve une copine !" Ma seule crainte, serait qu'à force de leur répéter, ils finissent par prendre ça un peu trop à coeur et essayer de me "proposer" des "bonnes parties" de leurs connaissance ; à la chinoise, quoi...
Disons que la famille ici a ses avantages comme ses défauts : Les avantages sont évidemment le côté communauté, où tout d'un coup on se sent moins seul et où on peut compter sur plein de personnes en cas de pépin ; les défauts étant qu'évidemment, il faut leur renvoyer l'ascenseur, voire même prévoir à leur envoyer à l'avance, histoire qu'ils oublient pas de te le renvoyer par la suite. C'est là un des grands travers de la culture chinoise : la face ! Les gens portent une très grande importance aux apparences, au fait de "ne pas perdre la face", et ce en toutes circonstances, autant professionellement qu'en privé. Du coup, il faut faire constamment attention à ce que l'on fait afin de ne pas offenser la (les) personne(s) avec qui on est, histoire de pas se faire maudire pour les 3 générations suivantes. Vous allez me dire : "La belle affaire ! Comme si c'était pas déjà le cas ici..." Eh bin je peux vous dire que c'est vraiment à une toute autre échelle, ici au pays des niaks. Du coup, pour quelqu'un comme moi qui ai été élevé au grain dans notre bon vieux pays de la frite, j'ai toutes les difficultés du monde à faire constamment gaffe à ce que je dis et fais, et une simple réunion de famille (avec toutes les coûtumes de courtoisies bien du terroir qui vont avec) peut parfois devenir plus épuisante que de boucler un dessin animé en un an, et franchement, je pèse mes mots...



D'un autre côté, après avoir subi le mal du pays de plein fouet pendant la 1e semaine (en plus d'une bonne crise de chiasse qui a duré tout aussi longtemps !), je commence tout doucement à me réhabituer à vivre au pays du soleil crevant (il a fait 27°C le jour de mon arrivée... Bon c'est loin d'être une constante, mais je vous laisse aisément imaginer ce que ça donne en été !). J'ai également entamé un cours de 3DsMax au minerval exhorbitant de 67000$ Taiwanais (ce qui correspond plus ou moins à ... 67000 bons vieux fr belges, eh oui !), mais dont le coût comprend tous les cours donnés par la boîte, qui sont loin de se limiter à la 3D, et de plus le tout à vie, ce qui n'est évidemment pas négligeable. Le soft est évidemment en anglais, mais le cours est donné en chinois. Et c'est là qu'on arrive à un élément assez tragi-comique dans ma vie de tous les jours ici...


2. La langue

Le chinois...

Rhaaa... le chinois.

Une des langues, si pas LA langue, la plus chiante au monde à apprendre.

Vraiment !

Moi qui me disais que me replonger dans le bain suffirait à me rappeler tous mes cours de chinois de mon enfance...
En un sens, c'est vrai que je suis en train de récupérer un peu de mon niveau d'antan... oralement. En écrit, c'est une toute autre histoire !
Et même au parlé, j'ai clairement pas encore le niveau.
En fait, l'histoire c'est que depuis que chuis petit je parle chinois avec mes parents, ce qui fait que j'ai jamais vraiment perdu contact avec la langue. Maintenant, en dehors de mes cours de chinois, je n'ai principalement parlé qu'avec eux. Les cours sus-cités étant de l'histoire vieille de plus de 10 ans, vous vous doutez bien que mon vocabulaire est du coup assez restreint.
Et du coup, donc, dans une conversation avec un autochtone j'ai un niveau suffisant pour tenir une conversation somme toute assez basique ... pendant 5 minutes. Après, les gouttes de sueur froides commencent à me caresser la tempe. Le pire étant que j'ai un niveau suffisant que pour que mes interlocuteurs ne me prennent pas pour un étranger... mais plutôt pour un demeuré de 10 ans d'âge mental, ce qui,vous en conviendrez, est quelques peu plus insultant !
M'enfin, gageons que le temps me permettra d'avoir une promotion sociale (pour l'instant, je vise le demeuré de 12 ans, ce sera déjà ça de pris...), dans un pays où la vie file à toute allure, ce serait plus que le bienvenu..


3. Taiwan

Parlons-en du pays, justement.
Il m'est assez difficile d'en parler, justement parce que je le connais déjà un peu de par mes visites précédentes. Du coup, le décrire objectivement à des gens qui n'y ont jamais posé le pied est assez ardu, vu qu'il fait partie intégrante de ma vie.
Disons pour faire bref qu'on sent bien que c'est un pays du bout du monde, autant au niveau des moeurs que de la façon de penser des gens, mais que paradoxalement, beaucoup d'éléments de l'occident (surtout des states) y sont également présents. Le voyageur fraîchement débarqué aura donc la curieuse sensation d'avoir atterri sur une autre planète drôlement familière.

1er constat d'importance par rapport à la Belgique : y a que des niaks ! A perte de vue ...Foin de multi-ethnicité comme dans notre bon vieux pays de la bière, où finalement les gens viennent de tellement d'horizons différents qu'ils sont un peu des fenêtres sur leurs propres passé, pays, et cultures ; ce qui mine de rien fait de la Belgique un pays où les gens, à défaut d'être bosseurs (c'est le moins qu'on puisse dire), sont forts ouverts d'esprits, et ont une vue assez large sur le monde.
Ici, c'est un peu le contraire : les gens y sont extrêmement bûcheurs (se taper 2 à 4 heures sup' par jour est monnaie courante ici, et ce dans quasi tous les domaines), mais le manque de diversité des gens (il n'y a quasi que des Taiwanais) fait que s'ils ne sont pas forcément fermés d'esprit, ils n'ont en tout cas pas beaucoup d'occasion de l'ouvrir bien grand. Du coup, dans les grandes lignes, ils pensent tous à peu près de la même manière : engraisser leurs propres tirelires !
Disons qu'il s'agit là d'un héritage bien encombrant qu'ont laissé les générations précédentes (originaires de la Chine, et qui ont fui celle-ci, à cause de la guerre soit contre les Japonais soit contre les communistes) qui ont bâti Taiwan à partir de quasi-rien, jusqu'à en faire un des pays les plus riches de ces dernières décennies. Les gens d'alors n'avaient que la reconstruction du pays en tête, ainsi que la foi en un meilleur avenir ; et en ce sens, on peut dire qu'ils ont fait du bon boulot : Taiwan est effectivement devenu l'un des 12 pays les plus riches de la planète lors des années 80.
Désormais, le pays souffre de cette ligne de conduite qui continue dans la même direction, alors-même que celle-ci a aujourd'hui perdu tout son sens. En effet, le pays est déjà bien établi ; du coup il serait plus que temps d'essayer d'élargir leurs champs d'activités (comme la culture et l'éducation par exemple) ... Ce que personne ne fait, tant ils sont lancés dans la course au pognon !
D'ailleurs, de ce côté la vie file tellement vite ici que toute personne débarquant d'Europe (de Belgique en particulier), ne peut que se demander à quelle sauce son pays va finir par être mangé en voyant tous ces Taiwanais travailler limite 16h par jour.
Mais une autre ombre se profile à l'horizon du pays, qui les empêche d'autant plus d'essayer de s'ouvrir davantage l'esprit. Et cette ombre vient de ses 2 gros voisins bien voraces qui s'appellent la Chine et la Corée du sud, dont les croissances économiques semblent inarrêtables, et où la vie file encore plus vite. Et surtout, la Chine a cet avantage décisif sur Taiwan : sa culture, qui est légitime, et dont elle sait user comme d'une arme autant économique que touristique (ce qui se rejoint, finalement).
Taiwan ne jouant désormais plus dans la cour des grands (principalement en raison de sa superficie, pas plus grande que la Belgique, ce qui n'assure évidemment pas une grande réserve de talents, ni non plus une grosse clientèle ; et en grande partie aussi à cause de grosse corruption dans la politique interne), le gouvernement s'efforce de se maintenir la tête hors de l'eau en essayant de doubler la cadence de boulot de ses pauvres concitoyens déjà bien épuisés, ce qui ne saurait évidemment mener à rien de bon.
Par contre, un élément très positif du pays, ce sont ses enfants.
En effet, partout où je vais, je vois toujours une ribambelle de p'tits bout d'chous de tout âges, dont les mères ne semblent pas avoir dépassé la 25aine (mais bon, avec les asiatiques j'ai bien conscience que la peau ne fait pas l'âge), à croire que, pour tout chauds lapins qu'ils soient, les Taiwanais semblent ne pas savoir ce qu'est la capote !
Il n'est d'ailleurs même pas rare de croiser des jumeaux. Rien que ces 4 derniers jours, je dois bien en avoir vu 6 paires ! Ce qui est, je reconnais, assez flashant.
A long terme, on peut dire entout cas que le pays ne risque pas de craindre un papy-boom, comme c'est désormais le cas un peu partout en Occident (où tout le monde s'envoie en l'air juste pour le plaisir de s'envoyer en l'air) et aussi en Chine (pour une tout autre raison, que vous connaissez ptêt déjà tous).


4. Et moi dans tout ça ?

Bin... moi... pour l'instant, chuis toujours un peu en phase de réacclimatation au pays, et ce pour toutes les choses que j'ai citées ci-dessus. Autant lorsque je venais auparavant pour vacances, je trouvais Taiwan excellent, autant (comme je le craignais avant de venir) y vivre pour un peut-être long moment, et surtout la perspective d'y bosser, semblent autrement plus fastidieux. Ne fut-ce, déjà que pour mon niveau en chinois qui,comme dit ci-dessus, ne me permet malheureusement pas d'avoir des conversations très profondes, et donc ne me permet pas de connaître bien les gens avec qui je fais connaissance. On peut dire qu'il s'agit de ma 1ere priorité si je veux pouvoir tenir le coup ici.
Ensuite, niveau du boulot, bin j'ai entendu parler de gens qui avaient un niveau de chinois encore plus exécrable que moi, et que ça les avait pas empêché de trouver du taf, et même relativement bien placés (un pote français dont j'ai fait la connaissance ici y a 7 ans a bien bossé ici à la chambre du commerce pendant plus d'un an).
Donc, je me dis que c'est pas impossible. Mais il semblerait que trouver du taf en anim ici est tout aussi dur qu'en Belgique, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons. En Belgique, il y pas mal de talents, mais pas d'infrastructure adéquate sur lesquels ils pourraient s'appuyer (producteurs, sponsors, distributeurs, gros studios...). A Taiwan, c'est l'inverse : Ils ont l'infrastructure pour y faire de gros trucs (séries, long-métrages...), mais aucun réalisateur qui casse la baraque !
On pourrait se dire, avec un petit côté dikkenek, que c'est précisément là que je pourrais intervenir... Même pas ! Dans la même logique que celle du "j'engraisse ma tirelire", la plupart des producteurs et réals présents ici ont précisément peur des p'tits jeunes qui débarquent de l'étranger, diplômé d'un master universitaire ; premièrement parce que trop chers (en raison du niveau du diplôme) ; deuxièmement, parce qu'à terme, on est le genre de personne les mieux placées... pour prendre leurs place à eux ! Du moins, c'est ce qu'ils se disent dans leurs p'tites têtes de comptables-seigneurs féodaux ; et ça leur donne 2 excellentes raisons pour ne pas me refiler de boulot à moi.
Du coup, si je veux me faire ma place, il va vraiment falloir que je me retrousse les manches et que je fasse du forcing, ce qui est pas tout à fait dans ma nature (d'où la difficulté de la tâche). Rendez-vous d'ici quelques mois pour la réponse, à moins que dégoûté, je ne finisse par rentrer au bercail dans un mois cuver des pintes avec vous tous, ce qui ma foi, est une idée qui n'a de cesse de me séduire.

Seul l'avenir nous dira comment ça se présentera...

Et là, c'est le moment pour moi d'arrêter de tartiner sous peine de voir mes doigts fondre sur le clavier et vos yeux sur votre écran...

De toutes façons, en attendant de vous revoir tous, que ce soit dans un mois ou plus, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes, de bien cuver vos bières dans le froid (hin hin hin) sans toutefois en abuser (on sait tous que l'abus de froid nuit gravement à la santé), et surtout, de bien prendre soin de vous. Un de mes plus grands regrets est de ne pas avoir pu partir plus tard, et donc dire au revoir un peu plus convenablement à la plupart d'entre vous, plutôt que de me casser comme un voleur. Pis, bon fêter la fin de l'année avec tous ses potes et ses amis est quand même un luxe que je ne peux plus me permettre maintenant (c'est d'ailleurs bien pour cette raison que je me rends bien compte que c'est un luxe).

Je vous embrasse tous, et je pense bien fort à vous.



JJ

1 commentaire:

pascal el maol a dit…

Salo!!!tu es partis!! ET je t'ai même pas vu pour te faire une grosse leche d'aurevoir, pffff
Il m'a fallu deux jour pour lire ton mail, mais c'est fait! Franchement tu m'a pas donné envie de partir à taiwan retrouver ma famille! Même si j'en ai sans doute pas la-bas....
Courage roi singe tu finiras bien par choper un réa a la sortie d'un bar.Tu lui vole ses papiers et tu deviens réa a ton tour. Vas-y fonce